GANAFOUL – Side 3

Bad Reputation / Socadisc / Cargo / Suburban
Rock
GANAFOUL - Side 3

Chose promise, pari tenu! Après avoir successivement réédité (et avec quels bonus et brio) les deux premiers albums du trio rhodanien (initialement parus chez Crypto en 1977 et 1978), et avoir publié la même année (2023) le prometteur “Roll On” (que signa la dernière mouture en date de la (re)formation, et chroniqué ICI), Bad Reputation abat à présent la troisième carte du brelan originel, le bien intitulé “Side 3” de 1979 (année où les disques arboraient encore deux faces distinctes, comme ne l’ignore nul amateur de vinyle). Les remarquables notes de pochette, signées Julien Deléglise (par ailleurs auteur il y a deux ans d’un excellent ouvrage consacré à Motörhead aux Éditions Du Layeur, chroniqué ICI), pourraient suffire à elles seules de chronique à cette réédition, mais comme il vous faudra d’abord acquérir celle-ci pour y accéder, autant vous donner déjà un avant-goût de l’affaire. Enregistré dans le mythique studio du Château d’Hérouville (fondé par le légendaire Michel Magne), où Elton John, Cat Stevens, T-Rex, Jacques Higelin, Jethro Tull, Iggy Pop et David Bowie (voire même Pink Floyd, Fleetwood Mac et les Stones) trouvèrent également leur bonheur, “Side 3” demeure sans doute l’album le mieux produit de Ganafoul. Grâce en soit rendue à l’anglais Anton Matthews, qui en assura la prise de son et le mixage. Loin de prendre de haut ce trio de froggies s’exprimant dans la langue de Shakespeare, ce dernier collabora étroitement avec ceux-ci (allant jusqu’à prodiguer une partie de piano sur un titre, ainsi que des backing vocals sur deux autres). Pour mémoire, outre les inamovibles Jack Bon et Jean-Yves Astier, le line-up du groupe intégrait alors le regretté Bernard Antoine, batteur ayant remplacé en 77 l’historique Yves Rothacher (lui-même revenu aux affaires depuis la récente reformation), et chacun de ces protagonistes contribuait au chant, même si les lead vocals incombaient à Jack, principal compositeur du répertoire. Récemment repris sur leur “Roll On” d’il y a trois ans, les “Bad Street Boy” et “Low Down Inside” d’ouverture accusaient certes quelques tics de production typiques de leur époque (où régnaient de concert des formations historiques telles que les Pretenders et Thin Lizzy), mais l’énergie légendaire du trio n’y transparaissait pas moins (cette réédition propose en bonus trois versions live plus brutes de décoffrage de titres issus des mêmes sessions, assorties d’une inédite du “Crossroads” de Robert Johnson – lequel offrira vingt ans plus tard son titre au live au Transbordeur capté en 1998). Avec la contribution d’Anton aux ivoires, le mid-tempo “Don’t Come In” précède un “After All Those Days” davantage en phase avec les hymnes urgents des deux premières livraisons du groupe (de même que “Push And Pull”, “Door 105”, boogie-blues à la slide alerte comme en usinaient Foghat et Status Quo, et les stoniens “I’ve Got It Bad” et “I Never Get Enough”), tandis que, manifestement inspiré par la vogue reggae alors en vigueur (de Police à Peter Tosh et Marley), “Sometimes” visait manifestement un plus large airplay, bien que le gang de Givors s’arrangeât néanmoins pour y insérer deux ponts boogie-speed plus représentatifs de son identité. À ce titre, les plages live se révèlent si jubilatoires que l’on se prend à rêver d’un plein album issu des mêmes concerts. Chiche?

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, August 1st, 2026

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Album à commander sur le site de Bad Reputation

Tracklisting:
1. BAD STREET BOY
2. LOW DOWN INSIDE
3. DON’T COME IN
4. AFTER ALL THOSE DAYS
5. SOMETIMES
6. PUSH AND PULL
7. DOOR 105
8. I’VE GOT IT BAD
9. I NEVER GET ENOUGH
Bonus tracks
10. LOW DOWN INSIDE (Live)
11. SOMETIMES (Live)
12. CROSSROADS (Live)
13. AFTER ALL THOSE DAYS (Live)